SEUL SUR MARS

 

Andy Weir

 

livre

C’est une sensation étrange. Partout où je vais, je suis le premier. Je sors du rover, et je deviens le premier homme à fouler ce sable de mes bottes ! Je gravis une colline, et c’est la première fois que quelqu’un la gravit ! je donne un coup de pied dans un caillou qui n’avait pas bougé depuis un million d’année !

 

Hard Science fiction

Adulte

 

   Mark Watney est l’un des premiers humains à poser le pied sur Mars. Il pourrait bien être le premier à y mourir. Lorsqu’une tempête de sable mortelle force ses coéquipiers à évacuer la planète, Mark se retrouve seul et sans ressources, irrémédiablement coupé de toute communication avec la Terre. Pourtant Mark n’est pas prêt à baisser les bras. Ingénieux, habile de ses mains et terriblement têtu, il affronte un par un des problèmes en apparence insurmontables.

Isolé et aux abois, parviendra-t-il à défier le sort ? Le compte à rebours a déjà commencé…

Critique par Yann B.

 

    Il y a des livres qui vous attirent avec un rien. Une impression de déjà-vu ? En tous cas, Seul sur Mars annonce la couleur dès le titre : de la SF, un thème qui me rappelle certaines lectures de mon enfance. Il n'en faut parfois pas plus pour commencer une lecture.

    Le récit s’articule autour d’un journal tenu par un astronome qui, suite à un accident, se retrouve seul sur Mars. À travers celui-ci, nous suivons son parcours, ses peurs et ses espoirs. La question du point de vue change par instant et c’est une autre intrigue qui se développe. Le ton est très léger, Mark Watney a beaucoup d’humour aussi les pages se tournent rapidement. Sans avoir besoin de connaissances poussées en ingénierie ou en physique, le narrateur nous explique clairement comment il procède et quelles lois de physique, ou de biologie, il utilise pour palier à ses soucis. Cet aspect pourrait rendre le récit plat et sans aucun intérêt, cependant, les péripéties se multiplient et posent sans cesse de nouveaux problèmes à résoudre. Ainsi nous ne sommes pas lassés par les détails techniques et les états d’âmes du personnage principal. Mieux, lorsqu’une seconde intrigue est dévoilée, la tension monte d’un cran et le récit se fait plus incisif encore et nous alternons les points de vue avec rythme. Au final, une lecture aisée qui fait d’un livre d’environ 300 pages un livre presque court.

    Le récit est très intéressant. Nous suivons donc les pérégrinations d'un homme qui se retrouve isolé de tout, sur une planète désertique et hostile. Seul avec juste les matériaux d'une expédition de quelques mois, il va devoir trouver comment survivre. Très rapidement, nous nous retrouvons avec un récit qui reprendrait un thème classique de la littérature : le naufragé solitaire sur une ile déserte. Mais à la différence d'un Robinson Crusoé, l'environnement hostile et mortel nous donne une vision différente. Bien entendu, une partie des questions restent classiques : Comment cultiver, économiser la nourriture, contacter quelqu'un ? Et nous attendons de savoir si les solutions vont être bonnes ou non. Mais une autre problématique rend le récit plus dangereux : survivre quand l'oxygène est important, quand la moindre faille de sécurité peut devenir mortelle en deux secondes. Au final, nous avons une histoire qui tient la route, malgré quelques incohérences - l'auteur admet d'ailleurs que certaines incohérences sont voulues -, le récit se tient. Il a juste ce qu'il faut de réalisme pour que l'histoire soit crédible. Et c'est justement ce qui devient intéressant. Les connaissances scientifiques déployées nous donnent une idée réaliste de ce qu'une mission sur Mars donnerait. Et au final, on a une histoire qui se tient. Elle nous fait attendre une solution et nous plonge dans le désarroi d'un homme livré à la solitude la plus extrême. Et c'est ce qui rend le récit poignant. La descente d'un homme face à la solitude.

    Seul sur Mars est une histoire passionnante qui se lit toute seule tout en modernisant le grand thème du naufragé sur son ile. Version plus scientifique - à l'image de l'île mystérieuse de Jules Vernes -, mais aussi plus pointue quant à l'approche scientifique, la crédibilité de l'histoire et les moyens que le personnage met en œuvre nous permet de nous immerger dans cette fiction scientifique que l'on s'imaginerait facilement pouvoir un jour suivre dans les médias. Et le film qui en a été tiré dans tout ça ? Finalement, je ne dis pas ça souvent, mais le livre et le film se valent ! J'avais un peu peur de commencer un livre après avoir vu son adaptation, mais tout se tient bien. De là à le voir avant, je continue à conseiller le livre en premier.

note

une fiction scientifique

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