LA MISE EN PAGE D'UN MANUSCRIT

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Par Maud G.

 

La mise en page est fondamentale pour donner du caractère à son récit puisque c'est elle qui encadre le rythme et la dynamique du texte. Mais encore plus, la mise en page et la lisibilité du texte sont indispensables et répondent à des règles strictes qu'explique la tradition du confort du lecteur.

Elle transmet un message inconscient et conditionne plus ou moins le lecteur au déroulement de l'histoire, aux éléments importants ; aussi, on ne peut pas enfreindre ces règles sans être conscient de provoquer un "effet de sens" tant notre œil et notre cerveau sont habitués à ce guidage optique.
À noter, lors d'un envoi de manuscrit, l'auteur devra suivre des règles supplémentaires de mise en page (police, taille etc.) imposées par les éditeurs.

Elle s'organise autour des éléments suivant :

 

LA PREMIÈRE PAGE : LE TITRE

Le titre du récit est l'un des éléments les plus importants. À défaut d'être sur la couverture, il faut savoir qu'une page entière est toujours réservée au titre de l'histoire elle-même et au nom de l'auteur.

Si cette page n'a pas réellement d'utilité pour l'auteur lui-même, elle est indispensable pour une présentation de manuscrit.

Il existe deux manières de présenter cette page :

le titre

Le bas de la page peut être utilisé pour donner quelques informations complémentaires comme l'adresse e-mail de l'auteur, ses coordonnées postales, le nombre de caractères etc. en fonction de ce qui peut lui être demandé - notamment dans le cas d'appel à textes, par exemple.

 

LE CHAPITRAGE

Il est très important de faire apparaître les chapitres dans une histoire structurée. Si cela permet surtout d'organiser les idées, ils sont un repère très important pour le lecteur.

Le chapitre est une succession et/ou un enchevêtrement de faits et d'idées qui se dirigent plus ou moins selon une même ligne directrice générale. Il est organisé par scènes/idées mises en paragraphes qui eux-mêmes constituent un ensemble de phrases construites.

Un nouveau chapitre implique souvent :

  • de nouvelles actions
  • un autre temps / jour / époque
  • de nouveaux lieux
  • l'histoire de personnages qui évoluent en parallèle
  • voire même l'apparition de nouveaux personnages

Ces différents éléments démarqueront donc un chapitre du précédent, tout en gardant une continuité dans le récit.

Le chapitrage d'un texte n'est pas une convention, cependant, pour de gros projets - romans notamment - il est largement recommandée.

En suivant cette logique, il n'est pas obligatoire de donner un titre à chaque chapitre !
Beaucoup d'écrivains se sentent obligés de mettre un titre à chaque fois, or un simple nombre indiquant de quels chapitres il s'agit suffit largement. Indifféremment, on pourra l'écrire en majuscules ou minuscules d'imprimerie, la seule règle étant de garder la même présentation tout au long du récit.
De la même manière, la mention du mot "chapitre" n'est pas obligatoire

Plusieurs présentations :

  • rupture nette marquée par un saut de page sans chiffre ni mention du mot "chapitre
  • utilisation seule des chiffres romains : I - II - III - etc.
  • utilisation seule des chiffres arabes : 1 - 2 - 3 - etc.
  • utilisation seule des chiffres écrits en toutes lettres : Premier/Un - Deux - Trois - etc.
  • "chapitre" suivi de chiffres romains : chapitre I - chapitre II etc.
  • "chapitre" suivi de chiffres arabes : chapitre 1 - chapitre 2 - etc.
  • "chapitre" suivi de chiffres écrits en toute lettre : chapitre premier/un - chapitre deux - etc.
  • "chapitre" suivi de chiffres romains, précédant un titre défini
  • "chapitre" suivi de chiffres arabes, précédant un titre défini
  • "chapitre" suivi de chiffres écrits en toutes lettres, précédant un titre défini

Généralement, il est vivement conseillé de consacrer un chapitre pour des personnages-action-lieu-temps donnés et d'éviter - bien que ce soit très à la mode - les découpages de chapitre en parties distinctes pour un/des changements de personnage(s) et action(s) évoluant parallèlement dans un autre lieu. Cependant, cela est tout à fait possible et bien employé, un découpage peut donner un bel effet stylistique.
Mais attention, dans ce cas il faudra bien marquer le changement de partie et surtout le faire par rapport à un évènement particulièrement judicieux.
À noter, il est fortement recommandé de ne pas dépasser 4 changements. Au-delà, cela peut constituer une - grande - difficulté au lecteur pour suivre et comprendre les événements, voire une nécessité pour lui de devoir reprendre les parties précédentes pour tenter de savoir où il en était.
Sachez cependant que les éditeurs ne se focalisent pas particulièrement là-dessus.

 

LE DÉCOUPAGE EN PARTIE : MARQUE DE L'ELLIPSE NARRATIVE

Le découpage en partie est la marque d'une ellipse narrative.

Dans un roman, une partie est une unité d'informations distincte qui utilise ses propres caractéristiques de mise en forme, telles que l'alignement, le retrait, le paragraphe (= retour à la ligne) etc., et séparée d'une autre partie par un espacement double (= saut de ligne).

Dans le cas d'une rupture spatio-temporelle, il y est admis d'utiliser un caractère spécial (astérisque etc.) pour marquer un découpage en parties par changements successifs, avec ou sans continuité.

Une partie est formée de plusieurs phrases, rassemblées en paragraphes, qui mettent en scène une idée, un évènement, une action, des personnages donnés et ordonnés selon un certain lien logique et/ou évolutif.

Pour cette raison, on ne fait JAMAIS de saut de ligne dans les conditions suivantes :

  • entre phrase d'introduction de dialogues et dialogues
  • au milieu d'un dialogue
  • entre dialogue et narration si on a un lien logique
  • au milieu d'une narration si on a un lien logique

Il est important d'organiser la partie en fonction des éléments qu'elle met en scène et de faire des groupes de phrases et/ou dialogues en fonction de la pertinence et/ou l'importance qu'ils apportent à l'idée directive.

Pour mettre ces groupes en évidence, ou les isoler des éléments déterminants, on procède au sein même de la partie à des retours à la ligne (= constitution de paragraphes) qui sont associés à des retraits.

DIFFÉRENTS DÉCOUPAGES EN PARTIES :

Découpage sans changement dans la continuité :

Ce type de découpage est le plus employé dans les textes. En fait, il s'agit tout simplement d'enchaînements de paragraphes qui restent dans une optique d'évolution de scènes/idées/événements/lieu et avec des personnages donnés, organisés en parties qui gardent, les unes par rapport aux autres, une relation logique d'évolution et de continuité du récit.

Découpage par changement avec continuité :

Ce type de découpage consiste à changer de scènes/idées/événements/lieux/personnages tout en gardant une optique de logique et d'évolution dans la narration. En effet, le passage d'une situation à une autre se fera par rapport à un repère spatio-temporel donné qui sera généralement énoncé/connu.
Dans cette forme, on est face à une véritable rupture du cadre spatial et/ou temporel.
À noter, dans le cas d'un changement de point de vu, on ne revient pas au(x) personnage(s) déjà utilisé(s) dans la première partie de chapitre.

Découpage par changements successifs sans continuité :

Ce type de découpage - très à la mode depuis quelques temps - consiste en des changements de scènes/idées/événements/lieux et personnages de façon nette, brutale. La grosse difficulté de cette forme est que les changements doivent être faits de manière extrêmement pertinente et judicieuse.
Attention, des changements mal utilisés ou trop nombreux peuvent engendrer une grande difficulté, chez lecteur, pour suivre et comprendre les évènements, voire susciter une gêne considérable vis-à-vis des personnages. De ce fait, il est fortement recommandé d'éviter de dépasser 4 changements dans un même chapitre.

 

LES PARAGRAPHES : LES RETOURS À LA LIGNE

On appelle paragraphe un segment de texte linéaire en prose, marquée par un passage à la ligne.

Le paragraphe est un élément de mise en page recommandé pour la bonne lisibilité d'un récit. En effet, il permet d'aérer les parties en donnant la possibilité de les organiser en "blocs" de textes qui les composent, tout en respectant la logique et l'évolution du récit.
Le retour à la ligne permet également de mettre en évidence/de marquer la pertinence et/ou l'importance d'un passage précis.

Il est important de ne pas tomber dans l'excès en faisant un retour à la ligne à presque toutes les phrases. En effet, le paragraphe renvoie un message au lecteur qui les associe à un changement particulier, aussi des retours à la ligne intempestifs nuiront à la profondeur du texte et à toute pertinence d'éléments particuliers et/ou importants.

LE CHANGEMENT DE PARAGRAPHE MARQUE GÉNÉRALEMENT :

Un changement de scènes :

  • déplacement dans le temps
  • déplacement dans l'espace
  • arrivée/disparition/changement de personnage
  • cumul d'éléments sus-mentionnés

Un changement de type d'énonciation

  • narration
  • description
  • explication
  • argumentation
  • correspondance
  • dialogue

 

LES ALINÉAS : MARQUE DU RETOUR À LA LIGNE

On appelle alinéa la marque de retour à la ligne, c'est à dire d'un paragraphe. L'alinéa est considéré comme un signe typographique à part entière. En effet, il joue un rôle primordiale dans la bonne lisibilité d'un texte, d'où son caractère obligatoire. Pour faire simple, l'alinéa correspond à l'espacement avant et après un texte, dans un paragraphe, marquant son début et sa fin.

Chaque paragraphe est, en réalité, composé de deux alinéas :

  • un alinéa ouvrant : plus communément appelé retrait et qui est donc l'espace démarrant un paragraphe
  • un alinéa fermant : correspond à la ligne creuse, à comprendre l'espace qui termine une ligne en l'absence de mot dans un texte justifié.
LES ALINÉAS OUVRANT AUTORISÉS DANS UN MANUSCRIT :

L'alinéa rentrant :

Il correspond à un retrait d’un cadratin minimum en typographie standard, ce qui correspond à 0.5 cm pour un texte écrit en police 12.
Il est obligatoire à chaque retour à la ligne, sauf pour le premier alinéa qui suit un titre ou intertitre, et qui peut être remplacé par une lettrine.

L’alinéa guillemeté :

Il correspond au retrait suivi d'une paire de guillemets (notée: « »). Il sert à marquer le début d'une citation ou d'un dialogue avec la première prise de parole.

L’alinéa tireté de dialogue :

Il correspond au retrait suivi un tiret cadratin (noté : —). Il est utilisé pour marquer une nouvelle prise de parole, mais les règles typographiques l'acceptent pour marquer le début du dialogue lui-même, les guillemets n'étant plus obligatoires.

L’alinéa suspendu :

Il correspond au retrait suivi par des points de suspension. Ces derniers peuvent être suivis d’une minuscule, car ce type d'alinéa est principalement utilisé pour marquer la reprise du fil du texte après une coupure ou une interruption.

L’alinéa de liste :

Il peut être soit tireté (noté : -) , et dans ce cas utilise un tiret demi-cadratin (noté : –), soit listé et peut utiliser d'autres signes.
Cet aliénas est utiliser pour faire des listes ou encore un sommaire.

CAS PARTICULIER D'ALINÉA :

le pavé :

Le pavé est un alinéa dont le retour n'est pas marqué par un retrait, mais par un interligne, c'est à dire un espacement vertical. Cet alinéa est utilisé aujourd'hui surtout pour le rendu des pages internet.
Cette présentation est à bannir totalement pour la mise en page d'un récit !

 

LE TEXTE :

Pour une bonne lisibilité, le texte d'un manuscrit doit être justifié. On pourra déroger à cette règle dans des cas très particulier, comme pour mettre en avant une inscription lisible sur un support quelconque, par exemple.

Une fois tout les éléments précédents bien respectés, le texte est naturellement posé par l'auteur, en fonction de la manière dont il souhaite mener son récit. Il important cependant de bien garder en vue que la mise en page doit servir le texte et sa compréhension auprès du lecteur.

exemple mise en page

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