LE CRIME DU COMTE NEVILLE

 

Amélie Nothomb

 

livre

Le culte qui lui était dû s'avérait autrement que celui réservé au Christ : si les commandements de ce dernier étaient relativement clairs, ceux de l'invité échappé toujours à l'hôte le plus scrupuleux, sans faire de lui un juge plus indulgent en cas de manquement.

 

Contemporain

Adolescent    Adulte

 

    « Ce qui est monstrueux n'est pas nécessairement indigne. »

    Une jeune châtelaine mal dans sa peau cherche à se faire assassiner par son père afin d'aider ce dernier à réaliser sans dommages la prédiction d'une voyante.

Critique par Élise J.

 

    Merci aux éditions Albin Michel pour ce partenariat. Chaque année, depuis 2008, je ne manque pas le rendez-vous du nouveau Nothomb. Mais avec Le Crime du Comte Neville c'est la première fois que je lis un Nothomb dans le cadre d'un partenariat et donc la première fois que j'en fais une critique.

    Pour commencer, le roman s'apparente plus à une novella - un texte dont la longueur est située entre la nouvelle et le roman - qu'à un roman. La mise en forme est simple : police à gros caractères. Nul doute que c'est un choix de la part de l'éditeur. Cela rend la lecture très agréable : les pages sont vite tournées et le temps défile rapidement, peut-être trop. En effet, le dénouement tient aux deux dernières pages et aurait mérité d'être un peu plus fouillé, laissant l'impression d'une fin bâclée. Cependant, il est bien mené et donne même le sourire.

    L'histoire se déroule dans un château, celui du Pluvier, situé dans une région reculée des Ardennes belges, si chères à Amélie Nothomb. Pour la minute culture, le château Matsue, surnommé le château du pluvier existe au Japon. En sachant que le domaine du Pluvier n'existe pas en Belgique et qu'Amélie Nothomb a vécu au pays du soleil levant, il ne serait pas étonnant qu'elle en ait pris le surnom. Une dimension fantastique est observée : tout commence par une prophétie, fil conducteur du récit. Amélie Nothomb s'est également inspirée de l'histoire d’Iphigénie ainsi que du texte d'Oscar Wilde, Le crime de Lord Arthur Savile. Elle en fait librement et judicieusement référence sans dénaturer leur sens d'origine et sans dévoiler brusquement l'intrigue dont l'aboutissement surprendra inévitablement le lecteur. Les personnages principaux ne mènent pas une vie aisée : le château tombe en ruine, la famille Neville est fauchée, la vente est imminente. C'est la dure réalité de tout propriétaire d'un tel patrimoine. De plus, Sérieuse, la fille d'Henri âgée de dix-sept ans, subit une crise : elle ne ressent plus aucune émotion et en éprouve une souffrance insupportable. Chaque premier dimanche d'octobre, le comte Neville organise une garden-party où la bonne société est invitée. Il ne déçoit jamais ses convives, il maîtrise l'art de recevoir. Plus luxueux que les précédents son dernier événement sera parfait et ce, même si l'argent manque ! Tous les codes doivent être rigoureusement respectés : pour que les invités se sentent flattés et que tout soit réussit, l'hypocrisie bat son plein. Comme dans tout conte, tout est bien qui finit bien, mais il serait très dommage de dévoiler son achèvement, c'est pourquoi rien de plus ne sera dit.

    Le crime du comte Neville a tout d'un conte mondain moderne et satirique. Le nouveau Nothomb est une fois de plus l'un des rendez-vous de la rentrée littéraire à ne pas rater !

note

une satire pétillante

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