L’ÉTÉ DES PAS PERDUS

 

Rachel Hausfater

 

livre

Tout un mois passé dans son passé, à tenter de boucher les trous de sa mémoire-passoire, retenir les souvenirs qui lui coulent sur les joues, empêcher les noms de s’envoler, les mots de l’abandonner, toute sa vie de fuir et s’enfuir. A lui rappeler qui il est, à le rappeler à maintenant.

 

Contemporain     Récit de vie

Jeunesse

 

   Il ne se souviens pas. Il ne se souvient de rien. Enfin…ce n’est pas tout à fait vrai.

   Madeleine a un grand-père dont elle est très proche. Mais depuis quelque temps, il change, il oublie les choses ; pour lui, passé et présent se confondent. Le temps d’un été, Madeleine et lui vont cheminer ensemble.

Critique par Nathalie Pi

 

    Je remercie le collectif Histoires de Romans ainsi que le partenariat avec les éditions Flammarion pour m’avoir permis de découvrir ce livre à la fois juste et touchant sur la maladie d’Alzheimer.

    Le style d’écriture de l’auteure est simple mais efficace. La dynamique du texte est plutôt lente, donnant au texte le temps de poser tous les éléments du récit, tandis que le rythme plutôt rapide nous propulse dans une intrigue prenante et soutenue. Les dialogues sont intéressants et nous montrent les changements opérés sur le grand-père de Madeleine : ses moments de lucidité tout comme les moments où il retourne en enfance. Le vocabulaire employé est en accord avec les personnages et le public visé. Le point de vue narratif est interne au personnage de Madeleine et nous montre comment elle vit avec son grand-père atteint par la maladie d’Alzheimer. Le choix du texte au présent permet aux lecteurs de suivre l’avancement de la maladie du grand-père en même temps que Madeleine et facilite l’imersion. Enfin, les chapitres très courts rythmes le livre en suivant les changements d’époques des souvenirs du grand-père et ses changements d’états.

    L’intrigue est bien préparée, mais pas vraiment surprenante, car l’on se doute de la manière dont va se finir le livre. L’originalité réside dans le fait que ce soit une petite fille qui s’occupe de son grand-père atteint de cette maladie lorsqu’elle va passer des vacances chez lui, mais aussi dans le fait que les souvenirs de son grand-père reviennent toujours à l’époque du Débarquement en Normandie. Le récit se développe en plusieurs temps : les premiers symptômes de la maladie, les vacances à Paris et la maladie ; et le voyage en Normandie, terre qui peuple les souvenirs du grand-père. Madeleine et son grand-père sont deux personnages très touchants auxquels on s’attache très vite et pour lesquels on ne peut que ressentir de l’empathie. Madeleine essaie de soutenir son grand-père du mieux qu’elle peut, parfois même en entrant dans le jeu de ses souvenirs. Le grand-père - très vulnérable dans ses phases de souvenir -, semble alors redevenir un enfant de dix ans. L’univers tourne autour de l’appartement à Paris et de la Normandie : les deux endroits où aura vécu le grand-père. C’est un livre qui ouvre une page sur l’Histoire avec le débarquement en Normandie, tout en traitant de la maladie d’Alzheimer qui touche beaucoup de personnes et dont de plus en plus d’enfants peuvent être confronté dans leur entourage.

    L’ÉTÉ DES PAS PERDUS est un livre assez fort en émotions qui traite de deux sujets difficiles avec intelligence et cible plus particulière un jeune public. C’est le genre de livre qui peut facilement entrer dans une lecture accompagnée d’un parent pour les plus jeune ou seul pour les pré-adolescents.

note

Simple, mais efficace

Imprimer E-mail