DOUZE MINUTES AVANT MINUIT

 

Christopher Edge

 

douze minutes avant minuit

Au coin de la rue, une gigantesque réclame pour le transport maritime couvrait un mur entier, ses couleurs jadis vive maintenant maculées de suie et de poussière.

 

Fantastique    Gaslamp    Enquête

Jeunesse

 

   Londres, 1899.

   À seulement 13 ans, Pénélope est l'héritière du célèbre journal, The Penny Dreadful, et également écrivain : ses histoires étranges rencontrent un grand succès.

   Un jour, le chef d'un l'hôpital psychiatrique lui demande de l'aide. Il a besoin de son imagination et de son goût pour l'étrange pour résoudre une énigme : douze minutes avant minuit précisément, tous les patients de l'hôpital se mettent à écrire frénétiquement sur les murs, leurs draps ou même leur peau des histoires prophétiques. Pénélope accepte de l'aider et se retrouve plongée dans une aventure aussi inquiétante que fascinante...

Critique par Amandine S.

 

   J’ai découvert Douze minutes avant minuit grâce au partenariat de Flammarion avec Histoires de Romans. Et c’est sans regret que je me suis laissée piéger dans cette toile immense.

   La plume de l’auteur reste simple et fluide. Rythmé grâce à un vocabulaire justement utilisé, le récit transporte le lecteur au côté de l’héroïne. Les dialogues permettent de mettre en avant les réflexions des personnages au cours de l’enquête et à l’aide d’un vocabulaire simple, le jeune lecteur se prendra au jeu de l’investigation. L’auteur choisit un point de vue omniscient et un temps au passé, un choix excellent qui nous plonge dans le récit dès le début. La mise en page du livre est aérée et bien présentée, idéal pour un jeune public. On notera des répétitions au niveau des prénoms des personnages, dommage, mais sans doute le traducteur n’a-t-il pas cherché à varié la nomination des personnages.

   L’intrigue est découpée en deux parties : on trouve d’abord une rapide présentation de l’héroïne et ses secrets puis la trame principale, l’enquête. L’histoire n’est pas des plus originales, mais l'auteur exploite bien tous les éléments de son intrigue. Ce qui l’est plus, par contre, c'est le dénouement, qui tiendra le lecteur jusqu'au bout. Côté personnage, Pénélope Tredwell est l’une de ces jeunes filles au caractère fort et à la maturité remarquable, ce qui ne la rend pas si proche du public visé. Il lui manque un côté innocent qui la rendrait plus humaine, plus attachante. Son acolyte, Monty, est aux antipodes de son employeur. Comédien désabusé, il reste le personnage un peu cliché du roman. L’univers est sombre, l'auteur ayant pris soin de construire la majorité de l’intrigue la nuit, dans le brouillard de Londres, le frog, à la poursuite de quelques chimères. C’est dans ce contexte que l’auteur met en scène plusieurs écrivains qui ont marqués le siècle dernier par leurs écrits, comme Conan Doyle ou H.G. Wells. Il s’amuse même à glisser des visions de catastrophes qui ont marqué notre histoire - comme la bombe nucléaire, par exemple -, par l’intermédiaire des internés d'un asile pris de folie douze minutes avant minuit. Il en ressort un côté horrifique et angoissant dans les endroits secrets d’une vieille maison infestée d’araignées ou de l’hôpital psychiatrique.

   Pour conclure, Douze minutes avant minuit est un livre sombre pour la jeunesse qui se lit rapidement. Il sera parfait pour un lectorat de l’âge de l’héroïne, mais ne vous fier pas au apparence : il ravira également les plus grands !

note

arachnophobique

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